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Nouveau spectacle de David Buhatois
C'est un nouvel acte qui s'ouvrira ce soir dans la carrière du chanteur David Buhatois. Seul au piano avec sa voix, le discret Buhatois laisse « pour le moment » la formule du trio (piano-clarinette-chant) pour celle du solo. « J'ai envie d'être seul, c'est quelque chose que je ne m'étais pas autorisé auparavant, je n'étais pas sûr de moi ».
Après la sortie du « Fakir occidental » en 2001, après de nombreuses tournées en France, à Montréal et au Québec, après une année 2004 un peu hésitante, David Buhatois ressent la nécessité « d'entamer un nouveau cycle après avoir eu la sensation d'arriver au terme de quelque chose ». Ce soir, s'accompagnant au piano, il se privera de sa manière si remarquable d'occuper une scène. Il devra diriger ses bras sur le clavier et non plus dans les airs pour mimer l'étrangeté expressive et nostalgique de ses thèmes de prédilection... Auteur de plus 400 chansons, il en a choisi une douzaine pour ce tour de chant qui pourrait surprendre les habitués de ce chanteur faussement nonchalant : « J'écris tout le temps sans prendre la moindre note. J'y pense beaucoup et lorsque c'est mûr, j'écris. »
Joël Raffier, Sud Ouest - 14 avril 2005
Peut-être David Buhatois aime-t-il trop les mots. Mais est-ce si condamnable, finalement, pour un chanteur? Surtout que lui les mâche avec une délectation gourmande. "Je reprends la liberté que vous tentâtes de m'ôter", dit-il dans Le Fakir occidental. C'est le titre de son premier mini-CD. Un disque qui contient un peu plus d'un quart d'heure de musique précieuse.
En ouvrant le livret contenu dans l'objet d'art que publie l'artiste en cet automne 2001, une photo le représente, posant devant des mots. Des mots qui s'enchevêtrent, liés par leurs syllabes, la dernière de l'un entraînant la première du suivant. Comme une chaîne infinie. C'est un peu l'impression que laissent ces chansons, avec le piano pour les retenir les unes aux autres. La vision de David Buhatois reste désespérée, le chanteur a le sens de l'éphémère, et s'en fait un interprète sans illusions. Car il chante toujours la même chose, David Buhatois. Avec une lucidité et cette sorte de sincérité dérangeante qui n'appartiennent qu'à lui, l'auteur -compositeur - interprète plonge sa voix au coeur des sentiments. Il en retire les plus exactes des observations, traquant la misère humaine, sans complaisance (Voyage d'affaires). Dans Le Chagrin, les mots, toujours les mots, se précipitent dans sa bouche pour suivre la cadence alerte du piano de Guillaume Flamen. Il fallait oser chanter une famille à l'heure imminente de la perte d'un des siens. Un être cher, surtout quand il s'agit de partager ses biens entre les héritiers... Toujours cette cruauté perfide, ce regard glaçant avec la voix juste pour exprimer le riche vocabulaire (placer le mot "anachorète" dans une chanson n'était pas un pari facile, et à part Brassens, qui d'autre aurait pu y penser ?).
Le disque est bien court quand on s'installe pour goûter cet instant fugitif. Alors attendons l'album complet, si d'aventure une maison de disques appréciant les mots autant que David Buhatois venait à les entendre... José Ruiz, Gironde Magazine, décembre 2001/janvier 2002
Commençons par lui. Grand garçon aux cheveux grisonnants, avec un de ces airs nonchalants que l'on retrouve chez des Dominique A ou Miossec, auxquels on pense forcément. Dès son entrée en scène et sa première chanson fredonnée on devine à quel genre de personnage on a à faire. David Buhatois ne sort pas de la « Star Academy » mais joue les poètes qui s'ignorent, les chanteurs de l'intime et d'histoires étranges, ficelées avec tendresse et malice.
VRP sur les routes de France, jeune homme masqué, égaré entre Garonne et Seine, David Buhatois balance ses bras maladroits pour raconter des bouts de vie d'un autre temps. Hymne au bal musette ou poésie sans queue ni tête, ses chansons cultivent la fantaisie dans un univers inclassable. Entouré d'un pianiste et d'un clarinettiste percussionniste, David Buhatois a le talent d'un grand mais ne le chante pas à tue-tête.
Avec sa voix tendre et son flegme britannique, on pense naturellement à l'héritage d'un Charles Trenet dont il reprend d'ailleurs le pétillant « Le soleil a rendez-vous avec la lune » pour clore son tour de chant. Mais si on peut lui prêter quelque filiation, cet interprète décalé possède aussi le don de ne ressembler à personne et de ne suivre aucune mode.
Agnès Lanoëlle, Sud-Ouest, Villeneuve-sur-Lot 15 décembre 2001
Tendre et cruelle, la voix de David Buhatois chante de drôles d'histoires qui prennent forme derrière des mélodies dépouillées qui trébuchent sur quelques notes de piano. Sautillement de la valse. Nous vivons une époque nouvelle, avec les clivages d'hier oubliés, qui aujourd'hui laissent circuler les genres entre eux. Comment ainsi ranger l'art de ce chanteur expressif dans la catégorie commode des chanteurs à texte ? Le genre est suffisamment mal défini. Cependant il évoque vite de pesantes prestations, où l'on braille poliment, en regardant sa montre. Ses textes, David Buhatois semble les dire avec malice, non avec résignation. Et la place faite aujourd'hui dans la chanson aux Miossec, Yann Tiersen, ou Zeze Mago prouve que, sans faire un grand écart stylistique, on peut aussi capter (captiver ?) un public plus naturellement porté vers le... rock ? Bien sûr que des Matthieu Bogaerts ou Dominique A ont servi à jeter des ponts. Mais, bien plus que le premier cité, David Buhatois s'engage, se mouille (Dimanche matin). Il faudra surveiller l'évolution de ce chanteur qui doit certes à ceux évoqués plus haut, mais qui s'attache à ne pas oublier les Gilbert Lafaille et Charles Trenet sans lesquels toute l'histoire serait une histoire... sans tête.
Gironde Magazine
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"Je t'invite chez toi" : 4 coups de coeur !

Une soirée de découverte brillamment mise en scène aux Coups de Coeur Francophones met en valeurs 4 talents de la chanson.
Quelle brillante idée que d'unir dans un même spectacle-concept 4 artistes chez 4 diffuseurs dans 4 villes, soit Québec, Montréal, Paris et Bordeaux ! Cette superbe soirée passée le vendredi 7 novembre au Lion d'Or nous a permis de découvrir les Français David Buhatois et Jeanne Cherhal et les Québécois Tomas Jensen et Pierre Lapointe.
La soirée fut amorcée par Buhatois, un sympathique chanteur de "chansons françaises" à l'ancienne. À la fois bon enfant, touchant et intime, Buhatois nous amène en vélo, en train, sur les ponts de Paris avec charme et innocence. La relève d'Yves Montand est assurée !
Mais comment décrire ce fou de Pierre Lapointe ? Cet auteur compositeur interprète complètement imbu de lui-même est doté d'un humour décapant, ironique, délirant et moqueur. Un simple regard fait crouler la salle de rire ! Ce pianiste et chanteur hors-pair a une touche irrésistible. Qu'il trempe dans le cynisme ou dans la tendresse, il fait mouche ! On l'écouterait des heures !
Toute jeune, toute frêle, Jeanne Cherhal est à mi-chemin entre Tori Amos et Amélie Poulin. Ses petites histoires parisiennes, ses humeurs de coeur, ses ballades au bois sont sympathiques, remplies d'anecdotes rigolotes et d'images fortes.
Magistral, Tomas Jensen a offert une prestation des plus solides, revisitant son riche répertoire avec ses Faux Monnayeurs. Ce groupe forme une véritable symbiose, ça se voit, ça s'entend ! Tomas a mis de l'avant son côté théâtral et touchant, avant de littéralement mettre le feu au Lion d'Or avec ses hymnes "manifestifs" colorés, engagés et chaleureux. Notre Manu Chao à nous !
Plutôt que de simplement faire défiler ces 4 talentueux chanteurs, ceux-ci ont monté un véritable spectacle commun où l'un devient choriste de l'autre, ou le clarinettiste d'un ensemble fait partager son savoir-faire avec un autre. 4 coups de coeur en une seule soirée, c'est plus qu'on en demandait !
Rédaction : Nicolas Pelletier
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BOB, le Cyber Reporter, novembre 2003
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